De Zagora à Agadir.

 

Zagora. 

Village perdu dans les montagnes.

Difficile de distinguer le village de la roche.

Il fallut bien se résigner à reprendre notre visite du pays, les journées sur notre visa commençaient à fondre comme neige au soleil. Nous avons quitté, le cœur dans l'âme la petite ville de Zagora, jusqu'à la prochaine fois. Notre prochaine grande étape sera l'oasis de montagne de Tafraout où nous avions déjà séjourné lors de notre dernière visite du pays. Mais avant cela, escale à Tata près des Grottes Messalit. Lors de notre dernier passage ici , le tournage d'un film se préparait, qu'elle ne fut pas notre surprise de retrouver quelque semaines plus tard , le tournage même du film, on l'aurait fait exprès on n'aurait pas fait mieux. Pas besoin de télévision se soir , nous étions en direct.

Après une nuit sous les projecteurs, nous avons reprit notre petit bonhomme de chemin, à travers les montagnes du centre du pays, toute fois moins imposante qu'au abord de Marrakech, mais ces paysage de villages accrochés au falaise où les autochtones on établie un savant système d'irrigation pour alimenter leurs cultures en terrasses, nous émus par sa sérénité et son authenticité. 

Silence ça tourne!

Les derniers kilomètres pour rejoindre les portes de la ville furent des plus éprouvant. À une vingtaine de kilomètres de notre objectif, la route pourtant correcte jusqu'à là se transforma progressivement en une piste mi-goudron mi-terre. Impossible de garder sa vitesse correcte, nous avons terminé au pas, en essayant de slalomer à travers les trous qui pouvaient parfois être comparé à des cratères et les bas côté n'existant.

Épuisé, nous avons stoppé le moteur dans la palmeraie vers 15heure, pour nous écrouler dans nos chaises et ne plus en bouger jusqu'au soir.

Balade en moto.

Après l'effort le réconfort.

Visite des rochers bleues.

Étrange.

Très très étrange.

À notre grand regret, nous resterons qu'une dizaine de jours dans ce petit paradis. Le temps de se détendre, de profiter de la tranquillité des lieux ou bien encore de visiter les environs. Le soleil a briller durant toute la durée de notre présence, en revanche chaque milieu d'après-midi le vent plus ou moins fort s'invitait à la fête.

Mais cela ne nous a nullement empêché d'aller jeter un petit coup d'œil au alentour. Comme par exemple , ce site aux étranges rochers bleus. Nous avons cru au premier abord que cela était une naturel, nous avons été surpris de la vraie histoire .

Voilà donc partie en balade aux rochers bleus que ne fut pas notre étonnement de découvrir un site totalement crée par la main de l'homme.

Dans les années 80, un artiste Belge eut l'autorisation de venir ici passer son stock de peinture bleu, si je puis ainsi sans dénigrer le milieu de l'art. Cet artiste en mal d'inspiration peut-être, s'est rendu dans les montagnes au abord de Tafraout et s'est mis à peindre les roches.

Aujourd'hui encore, après toutes ces années, les habitants entretiennent ce lieu étrange, car enfin de compte les touristes viennent s'y perdre croyant dénicher un endroit exceptionnel et dans un sens il l'est.

Et bien on s'en fait pas.

Quand le jour de retourner sur Agadir fut enfin arrivé, c'est encore le cœur dans l'âme que nous avons quitté ce petit paradis. Deux itinéraires s'offraient à nous, nous avons opté donc pour le plus campagnard. Une route étroite à flanc de falaise qui serpente à travers l'Anti-atlas dans paysages de roche agrémenté d'arganiers. Part-ci part-là , nous voyons apparaître des villages avec leur forteresse, juché au sommet d'une colline pour prévenir de l'ennemi, quand la conquête du monde était à son apogée.

Ksar.

Et oui c'est pas large!

Grande avenue d'Agadir.

Première sortie après l'opération.

Plage d'Agadir.

Partie de football sur la plage.

On est en France ou au Maroc?

L'arrivée sur Agadir nous fait un choc, tel une douche froide, nous replongeons dans le XXIème siècle. Terminé la tranquillité des petits villages de montagne, bonjour la frénésie de la vie citadine, avec ses concerts de klaxonnes, sa circulation infernale, la vie dans toute sa splendeur.

Pourquoi revenir ici? Première chose, nous aimons beaucoup cette ville, malgré sa folie, deuxième cause,  nous devons faire nos adieux à des amis chers séjournant ici durant l'hivers européens et troisièmement, et pas la moindre, comme convenue quelques semaines plus tôt, Philippe a de nouveau rendez-vous avec le bloc opératoire pour mettre un point finale à cette aventure dramatique qui est survenue le Noël dernier, l'accident de moto ( pour vous rafraîchir la mémoire reportez-vous au carnet de voyage 3). 

Le lundi 31 mars 2014, nous nous sommes rendus, pas d'un pas décidé, à la Clinique pour l'opération. Quatre jours et quelques petits désagrément plus tard, nous sommes sortis de cette même clinique, Philippe sans sa broche et moi l'estomac soulagé. Et oui, vous avez bien lu, j'ai eu un petit problème de santé. Le lendemain de l'opération, alors que Philippe se remettait doucement de la veille, moi je me suis retrouvée installé dans le lit à côté de lui avec une perfusion d'antibiotique dans le bras, intoxication alimentaire bien corsée. je peux vous certifier que j'ai passé un sale moment. Deux jours d' hospitalisation, ce qui fit dans un sens le bonheur de Philippe car il resquilla une journée de plus pour sa convalescence.

Après notre autorisation de sortie, nous sommes restés quelques jours en ville pour les soins de sa jambe, quand le feu vert nous fut donnés en nous rappeler d'aller ôter les points une vingtaine de jours plus tard, nous avons mis le cap sur le plage de Taghazout pour nous reposer loin de la frénésie de cette ville. Et c'est sur le bivouac que nous avons eu une très belle surprise.

Salta , Argentine en 2005.

Agadir, Maroc en 2014.

Un jour, un dimanche si mes souvenirs sont bons, en milieu de matinée, alors que nous vaquions à nos occupation, soudain je crus entendre mon nom. Phénomène qui me fit sursauter car personne ne me connaissait ici. Je repris ce que j'étais en train de faire quand on m'appela de nouveau et là je ne pense pas que mon cerveau me jouait un tour, on m'appelais belle et bien. Intrigué, je me retourne et là je distingua simplement un homme d'âge mure avec une casquette qui se dirigeait vers nous tête baissé. Supposant que c'était lui qui m'appelait je dis à Philippe que je ne le connaissait pas et lui non plus en l'occurrence. Mais cet homme s'approchait de plus en plus de nous, soudain à l'instant où il prononça le nom de Philippe dans un accent italien , il nous connaissait donc tout les deux. Voyant que nous le regardions avec des yeux comme des soucoupes, il se présenta. À peine son prénom prononcé que nos cœurs s'arrêtent de battre. Nous n'en croyons pas nos mirettes, nous s'avions qui il était. En une fraction de seconde nous nous tombèrent dans les bras avec les larmes de joie au bord des yeux.

Cet homme, Tony et sa femme Sylvanna, n'étaient rien d'autre que des amis rencontrés dix ans plus tôt à Salta, une petite ville du nord de l'Argentine lors de notre première aventure en Land Rover. Nous avions tout de suite sympathisé et étions restés depuis toutes ces années en contact sur Internet, mais nous étions loin de penser que nous nous croiserons ici sur une plage du Maroc. 

Nous avons passé les jours suivant à discuter, à nous raconter nos vies depuis cette rencontre jusqu'à aujourd'hui. Quels instants magiques! La vie est imprévisible et parfois elle peut vous offrir de très belle surprise aux valeurs inestimable, comme par exemple ces retrouvailles.

 

Malgré ces retrouvailles, il nous fallut bien revenir sur terre et prendre conscience que notre date d'expiration se rapprochait dangereusement que nous n'avions pas encore réservé le bateau. Toute fois, le 10 avril 2014, nous avions dû nous résoudre à quitter la plage pour débuter notre remonter vers Tanger, le dernier bateau que nous pouvions prendre avant la fin de notre visa le 27 avril 2014 était pour la veille le 26 avril à une heure du matin ce qui fait en fin de compte le 27 avril. En choisissant cette date, nous jouions  avec le diable, mais nous préférions de loin prendre le risque d'affronter les autorités locales si un contre temps venait perturber notre départ que de perdre une seule journée de découverte dans ce pays, la question ne se pose même pas, nous allons profiter jusqu'à la dernière minute.

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